— - Kazuma Takashiro est un lycéen, qui, comme beaucoup, se cherche.... Il semble mener une vie calme, tranquille avec ses parents adoptifs, amis de son père. Pourtant, depuis quelques temps, il éprouve une sorte de vide, une certaine fatigue, une lassitude, des moments d‘absence qu‘il ne s‘explique pas. Un soir en présence de son amie Yaegashi, il est pris d’un violent malaise devant ce qu’il croit être du sang. Parallèlement de nombreux rêves et souvenirs lui rappellent l’existence d’une soeur aînée, et pour essayer de comprendre ce qu’il lui arrive, il décide d’aller voir l’ancienne maison où il habitait du temps où sa mère était encore en vie. Là, il rencontre Chizuma, sa soeur aînée, qui lui apprend que leur père vient de mourir.
— -Les lamentations de l’agneau, huis clos familial, sombre et dramatique, nous fait revisiter le mythe du vampirisme au XXI° siècle. La famille Takashiro est atteinte d’une maladie orpheline héréditaire, dont les symptômes rappellent indubitablement le vampirisme. Le besoin impérieux de boire le sang des autres. Mais au fil des tomes, l’on s’aperçoit que loin d’être une maladie uniquement physique, elle s’accompagne de troubles psychiques importants....
— Ce manga nous fait vivre la relation fusionnelle voire "malsaine" d’un frère et d’une soeur, élevés différemment mais qui peu à peu "se retrouve" à travers la "maladie" . Les personnages sont ambigus, complexes, aux sentiments exacerbés, à fleur de peau, avec un jeu de dominant/dominé réciproque et alternatif, de jalousie malsaine, de volonté d’atteindre moralement l’autre (ou les autres) cachant maladroitement celle de le blesser vraiment pour assouvir sa soif de sang(notamment pour Chizuma). La volonté presque masochiste de vouloir se couper du monde, non seulement parce qu’ils sont différents (la maladie), mais aussi pour ne pas blesser les autres, une vie sociale, sentimentale faite de faux semblants de mensonges, d’incompréhension...
— -Pour le lecteur, c’est une anxiété naissante qui grandit peu à peu, une ambiance prenante, pressante, pesante dont on croit savoir que l’issue ne pourra être que dramatique… Mais...
— Cette impression est renforcée par un graphisme un peu hachuré, hésitant, parfois surligné , jamais "gore" qui illustre très bien l’ambiance de ce manga très intéressant....
— - Seul reproche que l’on pourrait faire à ce manga, la fin peut être un peu « simpliste », « déjà vue », comme si l’auteure était pressée d’en finir avec cette série oppressante.
— - Mais il n’empêche que c’est une lecture que je conseille vivement à tous....
Hestia



